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Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /Juin /2009 22:18
J'ai assisté a l'une des apparitions de Calvin Russell sur scène lors de son concert à l'Usine d'Istres, le 23 Mai 2009.

        
          Avant tout, une petite présentation du personnage s'impose. Calvin Russell est né au Texas en 1948, dans une famille de 9 enfants. Ces parents travaillent dans un bistrot qu'il décide de quitter à 15ans, son balluchon et sa guitare sur le dos. Il s'exile a San francisco puis parcours l'Amérique de long en large. Sur les routes, le vagabond connaît la misère et vend de la drogue pour subsister, ce qui lui vaudra 3 séjours en prison. Réfractaire au modèle américain de réussite sociale, la marginalisation s'impose alors d'elle-même.
Il veut fuire "les lois inutiles qui entravent notre quête du bonheur". Selon lui, chacun peut construire son paradis à l'écart des stéréotypes.

C'est  lors de sa traversée du Rio Grande, dans le Grand Sud désertique américain, que Calvin commence réellement a composer et chanter. Il se produit de ville en ville pour gagner un peu d'argent.

En 1986, il revient a sa ville natale, Austin. Il vit alors dans la rue, dans l'alcool, la drogue, la misère et la violence. Il améliore son jeu de guitare en côtoyant d'autres musiciens marginaux (il fait par exemple la connaissance du légendaire Townes Van Zandt, qui deviendra un grand homme du milieu Folk et Country). La musique le sauvera en lui permettant de ne pas dépérir complètement dans cette misère omniprésente.

Et devinez quoi, il doit le tournant de sa vie 3 ans plus tard à un français! Patrick Mathé le repère et son label New Rose Records publie "A Crack In Time", le premier album de Calvin Russell. Un mélange de rock, de country et de blues détonnant. Il raconte des passages de sa vie, les joies simples et les malheurs que tout le monde peut connaître, les contrées désertiques, la route... Le succès en France n'est pas immédiat, mais l'album est bien accueilli. C'est à la suite de ces concerts donnés pour la promotion du disque que le texan s'attachera a la France, jusqu'à connaître le succès et remplir vraiment les salles.

Sa musique connaîtra une certaine évolution, comme après son voyage a Memphis, ou le célèbre Jim Dickinson (qui a collaboré avec les Rolling Stones) produira son album "Soldier" : "J'ai beaucoup appris là-bas. Ils jouent différemment des texans, à contretemps alors que nous jouons sur le rythme. Les premières pierres du rock n' roll se trouvent là, et je le savais; mais avant d'y aller, je ne l'avais jamais ressenti".

Calvin sortira ensuite d'autres albums, et retournera aussi un petit moment en prison suite a un banal contrôle de police: "Ils trouvent mon herbe. Mais ce qui serait de peu d'importance pour un autre l'est pour moi. Le flic tape mon nom sur son putain d'ordinateur, et mon casier qui s'affiche lui donne de la lecture pour toute la nuit".


           J'arrive sur les lieux du concert et me place dans les premiers rangs. Après une longue attente, l'un des deux guitaristes du groupe se lance sur scène et commence un solo, puis un riff très entrainant. Le batteur, le bassiste et le deuxième guitariste font leur apparition, commencent à jouer, et enfin Calvin Russell entre en scène sous les applaudissements de la foule: tout de noir vêtu, le corps sec, des santiags a bout ferré sur les pieds, et un chapeau haut de forme sur la tête (ce qui lui ressemble peu). Il ne joue pas a la guitare sur le premier morceau. Malgré l'énergie du titre, et celle des jeunes musiciens qui se déchaînent, on sent que Calvin a du mal a prendre le rythme, comme s'il était un peu mal a l'aise sur ce début de concert. A 60 ans, son visage en parait 10 voir 20 de plus. On voit les rides, les marques, les cicatrices qui témoignent de ce parcours hors du commun et de l'aventure qu'aura été sa vie. On le sent affaiblit, en manque de vivacité, d'énergie... Voila les frais d'une existence de vagabondage. Il dit qu'il aime la France, qu'il est heureux d'être avec nous ce soir, et s'excuse du mal que Bush a pu dire sur notre pays.

Ici une petite photo prise maladroitement en début de concert.

Il enchaîne sur un deuxième titre, sort sa guitare et commence enfin a jouer sur sa telecaster chromée. On sent qu'il rentre un peu plus dans l'ambiance, qu'il se chauffe enfin. La suite du concert sera une alternance de morceaux dans un style rock garage enragé, d'acoustique avec Calvin seul sur scène avec sa guitare western, de sons country, et de morceaux blues magnifiques. Le public est donc entrainé par des passages très rock, puis se repose sur des ballades country, à la fois mélancoliques et pleines d'espoirs, a l'image de la vie et de la philosophie de Calvin. On sent que ce cowboy des temps moderne a vécu et a traversé maintes épreuves, pour suivre son idéal en dehors des sentiers battus, et assouvir sa soif de liberté. Ce soir, il partage avec nous son histoire, et les leçons qu'il a tiré de son expérience.

Au fur et a mesure de l'avancée du concert, Calvin prend confiance et bouge de plus en plus, comme s'il redevenais tout jeune. Il conquiert totalement le public en lui communicant enfin l'énergie qui restait tapie au plus profond de lui. Il interprète des classiques comme Soldier, ou le légendaire Crossroads qui donne des frissons en acoustique. Russell nous fait même partager un titre qui figurera sur son prochain album. Avec ces sons blues, il nous transporte au Texas, puis dans des contrées désertiques, sur des routes sentant l'asphalte brûlant. Calvin et ses musiciens dégoulinent maintenant de sueur. Le chanteur a la voix rauque tombe son chapeau et sa veste, nous dévoilant tous ces tatouages. Le dernier titre s'achève et il est déjà temps de lui faire nos adieux après presque 2h de concert qui sont passées a une vitesse folle. Calvin répète qu'il aime notre pays, qu'il nous aime, et semble ému.

Après un dernier salut, il quitte la scène.




Par Banks - Publié dans : Concerts
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 16:19
Joshua Allen Harris est un artiste New Yorkais qui réalise des sculptures gonflables en sac plastiques. Il place ces structures au-dessus des bouches d'aérations de réseaux de métros. Celles-ci se gonflent et prennent vie lorsqu'un métro passe en libérant derrière lui un grand souffle d'air.
Cet artiste entre ainsi dans le monde du street art, par une voie jamais imaginée auparavant. Regardez par exemple ces ours polaires:

Ces sculptures ont été misent en place par le Fond de Défense de l’Environment et l’agence Ogilvy NYC, une agence de marketing et de communication -qui cela dit crée de la publicité pour de grosses FTN qui contribuent au réchauffement climatique... Et qui sont responsables ou financent de nombreuses guerres dans le monde, n'empêchant pas l'agence Ogilvy d'avoir monté une exposition contre la guerre intitulée “Yo! What happened to Peace?” visible jusqu'au 17 septembre dernier a New York... Contradictoire n'est-ce pas?-

Bref, revenons-en a nos mouton, ou plutôt a notre cher Joshua. Franchement, des sculptures en sac plastiques gonflées par des bouches d'aération en pleine rue, il fallait quand même y penser! Quoi de plus original et d'engagé que ces sculptures d'ours polaires, qui naissent d'un simple souffle et se meurent quelques secondes plus tard une fois celui-ci disparu. Cette éphémérité témoigne de la fragilité de ces espèces menacées par le réchauffement climatique, et même de la fragilité de notre chère Terre qui se meurt... Enfin je ne vais pas faire mon Nicolas Hulot en vous baratinant de discours écologiques, Yann Arthus Bertrand l'a déjà bien assez fait en récitant des milliers de chiffres alarmants dans son film "Home"... Toujours est-il que cette oeuvre défend une bonne cause, est originale et bien réussie. Les ours paraissent presque vivants, animés au rythme du souffle inconstant du métro.

Pourquoi avoir installé ces sculptures dans la rue? Et bien parce que beaucoup de monde passe dans la rue. Quel public est plus cosmopolite et nombreux que celui des passants  qui martèlent de leur jambe un trottoir tout au long d'une journée? Les personnes empruntant chaque jour le même chemin pour rejoindre leur lieu de travail passeront a coup sur et a répétition devant ces sculptures. On ne peut que les voir, et tout le monde peut les voir, même un homme qui ne visite pas les sites de street art ou qui ne s'intéresse pas aux messages de sauvegarde de l'environnement, même un homme sans télé et qui n'écoute pas les informations... Le concept de Joshua Allen Harris est de venir déranger la monotonie quotidienne des passants, de couper leur rythme de vie inenrayable en leur proposant, dans des lieux qui leur son familier, une oeuvre d'art constituée d'objets qui les entourent au quotidien. C'est, selon lui, la meilleure manière de sensibiliser la population sur le réchauffement climatique.

Voici une autre vidéo vous montrant  une de ces oeuvres:  (pas engagée cette fois-ci, quoique...)
Par Banks - Publié dans : Street Art
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